Absorber la vitalité des autres
Lorsqu’une personne est vide, pour éviter l’apathie, elle peut devenir particulièrement vorace.
Elle va puiser les forces vives qui lui font défaut en allant dévorer des personnes pleines de fougue et d’enthousiasme, pour les dépouiller de leur énergie.
[…] La jouissance psychique désigne l’excitation voluptueuse goûtée du fait d’utiliser l’autre comme une chose que l’on possède et dont on tire un profit, quitte à le détruire ou le jeter après “usage”.
Le sadisme est une des formes typiques de la jouissance, notamment vampirique, surtout lorsqu’il devient un système d’accroche interpersonnel.
Ainsi le couple pervers sadiste/masochiste se fonde sur la course à la plus grande jouissance, assuré par l’avilissement, l’humiliation et la soumission. Sa promotion sociale libertine comme un “accord de deux volontés” est une formulation abstraite et intellectuelle, perverse en elle-même. L’accrochage psychique, puis physique, du rapport entre les partenaires se fait autour de la mise en scène de la négation violente de l’autre, provoquant la jouissance, et non d’une relation humaine créative, respectueuse, à parité.
Il en est de même pour la pornographie.
En fait, il ne s’agit pas d’une relation, mais d’un rapport de force, où domination et soumission sont instituées en vue d’un gain de jouissance.
Au-delà de ce que deux adultes peuvent décider de vivre ensemble, faute de mieux et surtout hors d’une potentialité d’humanisation, le sadisme pose une grave question éthique lorsqu’il se double d’abus sur une personne plus faible ou plus fragile : élève, enfant, malade, patient, personne âgée, puîné…
La jouissance perverse est l’anti-relation même, souvent habilement grimée et travestie en apparence de relation “librement consentie”, car elle se pare facilement des atours de la séduction.
Elle repose en fait sur un parasitage et un vampirisme réciproques.
Même s’il opère chaque fois au détriment de l’un des protagonistes, ce cannibalisme illustre de nouveau en quoi la perversion repose sur la mise en place d’un rapport déshumanisé, systèmes d’interactions mortifères entre emprise, mystification et multiples dénis (négation de soi, de l’autre, de la relation, de l’humain et de la réalité).
L’histoire des civilisations et leurs mythologies regorgent de légendes qui mettent en scène la domination d’un personnage sur d’autres. À tel point que la résurgence de la socialisation animale (avec son chef de horde) dans la culture des hominidés semble être une constante, ce qui la fait prendre - à tort - pour une “norme”, donc pour une fatalité.
De nombreuses formations (commerciales, financières, militaires) prétendent faire de la suprématie d’un petit nombre d’élus sur une masse servile le centre de ce qu’elles choisissent d’inculquer.
Chacun veut alors devenir “leader” et toutes les tactiques, même les plus basses, sont tolérées voire promues pour que “les meilleurs gagnent”.
Une abondante littérature, d’apparence sérieuse, vante les mérites de la compétition, et l’écrasement des “perdants” par les “gagnants”.
L’ancienne ségrégation raciale ou sexuelle s’est mutée en “droit à l’oppression invisible” en fonction du mérite prétendu : classe sociale d’origine, diplôme, fonction dans l’administration ou l’entreprise, rang de l’école, savoir universitaire, etc.
Parfois, l’intimidation, la menace et les représailles prennent le relais ; Le système devient alors mafieux.
Tous les moyens semblent justifiés pour assurer sa prédominance et surtout la soumission des autres, par un aveuglement durable, voire par la terreur.
[…]
La “banalisation” est un procédé par lequel un individu ou un groupe essaient de faire passer ce qui est non humain (barbare, cruel, dégradé, rudimentaire ou trivial) pour de l’ordinaire et du quotidien concernant tout un chacun. Banaliser revient à faire passer des déviances inacceptables pour des généralités auxquelles il serait convenu de se résoudre sans broncher.
Bibliographie : La perversion, Saverio Tomasella, Eyrolles.
Elle va puiser les forces vives qui lui font défaut en allant dévorer des personnes pleines de fougue et d’enthousiasme, pour les dépouiller de leur énergie.
[…] La jouissance psychique désigne l’excitation voluptueuse goûtée du fait d’utiliser l’autre comme une chose que l’on possède et dont on tire un profit, quitte à le détruire ou le jeter après “usage”.
Le sadisme est une des formes typiques de la jouissance, notamment vampirique, surtout lorsqu’il devient un système d’accroche interpersonnel.
Ainsi le couple pervers sadiste/masochiste se fonde sur la course à la plus grande jouissance, assuré par l’avilissement, l’humiliation et la soumission. Sa promotion sociale libertine comme un “accord de deux volontés” est une formulation abstraite et intellectuelle, perverse en elle-même. L’accrochage psychique, puis physique, du rapport entre les partenaires se fait autour de la mise en scène de la négation violente de l’autre, provoquant la jouissance, et non d’une relation humaine créative, respectueuse, à parité.
Il en est de même pour la pornographie.
En fait, il ne s’agit pas d’une relation, mais d’un rapport de force, où domination et soumission sont instituées en vue d’un gain de jouissance.
Au-delà de ce que deux adultes peuvent décider de vivre ensemble, faute de mieux et surtout hors d’une potentialité d’humanisation, le sadisme pose une grave question éthique lorsqu’il se double d’abus sur une personne plus faible ou plus fragile : élève, enfant, malade, patient, personne âgée, puîné…
La jouissance perverse est l’anti-relation même, souvent habilement grimée et travestie en apparence de relation “librement consentie”, car elle se pare facilement des atours de la séduction.
Elle repose en fait sur un parasitage et un vampirisme réciproques.
Même s’il opère chaque fois au détriment de l’un des protagonistes, ce cannibalisme illustre de nouveau en quoi la perversion repose sur la mise en place d’un rapport déshumanisé, systèmes d’interactions mortifères entre emprise, mystification et multiples dénis (négation de soi, de l’autre, de la relation, de l’humain et de la réalité).
L’histoire des civilisations et leurs mythologies regorgent de légendes qui mettent en scène la domination d’un personnage sur d’autres. À tel point que la résurgence de la socialisation animale (avec son chef de horde) dans la culture des hominidés semble être une constante, ce qui la fait prendre - à tort - pour une “norme”, donc pour une fatalité.
De nombreuses formations (commerciales, financières, militaires) prétendent faire de la suprématie d’un petit nombre d’élus sur une masse servile le centre de ce qu’elles choisissent d’inculquer.
Chacun veut alors devenir “leader” et toutes les tactiques, même les plus basses, sont tolérées voire promues pour que “les meilleurs gagnent”.
Une abondante littérature, d’apparence sérieuse, vante les mérites de la compétition, et l’écrasement des “perdants” par les “gagnants”.
L’ancienne ségrégation raciale ou sexuelle s’est mutée en “droit à l’oppression invisible” en fonction du mérite prétendu : classe sociale d’origine, diplôme, fonction dans l’administration ou l’entreprise, rang de l’école, savoir universitaire, etc.
Parfois, l’intimidation, la menace et les représailles prennent le relais ; Le système devient alors mafieux.
Tous les moyens semblent justifiés pour assurer sa prédominance et surtout la soumission des autres, par un aveuglement durable, voire par la terreur.
[…]
La “banalisation” est un procédé par lequel un individu ou un groupe essaient de faire passer ce qui est non humain (barbare, cruel, dégradé, rudimentaire ou trivial) pour de l’ordinaire et du quotidien concernant tout un chacun. Banaliser revient à faire passer des déviances inacceptables pour des généralités auxquelles il serait convenu de se résoudre sans broncher.
Bibliographie : La perversion, Saverio Tomasella, Eyrolles.
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